Jiri-Gokyo-Lukla - du 14 avril au 5 mai

L'Everest, le Lothse, le Nupse, le Cho Oyu...la récompense de tous nos efforts de ces 15 derniers jours.
Nous sommes à 5 483m au sommet du Gokyio Ri, il est 7h du matin et le spectacle est magnifique. Des sommets enneigés tout autour de nous et des drapeaux de prières qui virevoltent dans les airs. L'ambiance est surréaliste, nous sommes dans le ciel !
Mais pour arriver jusque-là il faut le mériter, l'altitude et les dénivelés ne nous ont pas fait de cadeaux.
A si haute altitude le souffle est court et, en montée, chaque pas nous coute.
A Machermo Jean-Baptiste a d'ailleurs experimenté le MAM (mal des montagnes) en se réveillant en plein milieu de la nuit paniqué sans pouvoir respirer.
Mais après les petites pilules blanche de Diamox, JB est un homme nouveau dans son bas en polaire Schtroumpf. L'altitude ca le gagne !

Notre petite randonnée aura duré 22 jours. Nous avions décidé de ne pas arriver directement en avion à Lukla, comme la majorité des touristes qui béneficient de moins de temps que nous, et de partir de Jiri; un itinéraire qui nous permettait de mieux découvrir la vie dans les vallées népalaises et de ne pas croiser trop de touristes.
Et dès le départ, nous avons compris que pour les Népalais, " la ligne droite est le chemin le plus court d'un point à un autre" et qu'ils ne se soucient pas des montagnes qui peuvent se dresser sur leur chemin. 800 de dénivelé positif et/ou négatif tous les jours...je ne suis pas sûre qu'à ce rythme là Isabelle tienne le coup !
Sur cette première partie du chemin beaucoup de cultures en terrasse et de petits hameaux très primaires où les gens vivent avec presque rien. De ce que nous avons pu voir, les femmes s'occupent des cultures pendant que,
les enfants nous demandent des stylos et des chocolats chaque fois que nous en croisons. - allo pen, allo chocolate ? - No, no, no pen, no chocolate...
Et les hommes sont sur les chemins transportant des poids faramineux sur leur dos. Nous n'étions vraiment pas à plaindre avec nos sacs de 7kg et 14kg si l'on considère tous les porteurs que nous avons croisé avec des paniers de denrées sur leur dos pesant jusqu'à 130kg...
Le dos sert de moyen de transport pour tout style de marchandises ; ici un conduit d'eau pesant 100kg...
La femme-arbre
Même les petits depuis leur plus jeune âge sont habitués à porter !
On aurait préferé ne voir que les ânes transporter les denrées ou matériels d'expedition car les porteurs népalais souffrent très tôt de mal de dos et de douleurs dans le cou...
A plus haute altitude les yacks remplacent les ânes.
Le yack, l'animal du bonheur. Leurs bouses séchées servent à alimenter le poele qui nous chauffe toutes les après-midi dans la salle commune des lodges,
ou, quand elles sont battues et réduites en poussières, les bouses servent d'engrais pour les champs de pommes de terre, d'épinards..
Et nous ce qu'on préfère : "le nak cheese" (et non pas le yack cheese, la nack étant la femelle du yack) pour les pauses de 10h avec une "chapati", galette de blé. Un pur bonheur pour varier des sempiternelles pommes de terre ou Dal Bhath, le plat typique des Népalais composé de riz mélangé à une soupe de lentilles.
Les jours de fête il y a aussi les "momos", des petits raviolis de légumes, de fromage ou de viande cuits à la vapeur ou frits.
Et JB a également tenté le "sherpa tea", un bon thé au beurre rance de nak salé...je ne crois pas que depuis il ai retenté l'expérience !

Les journées sont bien rythmées :brossage de dents face aux montagnes, bien plus sympa que devant sa glace dans une salle de bain. (inexistantes ici d'ailleurs)un peu de lessive dans les torrents (on sait, ce n est pas du tout écolo et la prochaine fois on achètera une bassine pliable...).dénivelés, acenscions et descentes...
traversées des rivières,
admiration du paysage,
la journée...
et la nuit !
Un peu de prière
et sur le chemin ce n'est pas ce qui manque, moulins de prières
stupa,ou murs de prières.
et le soir, repos bien mérité dans les lodges. A Goyam, petite étape peu touristique dans une famille de sherpa. La glace est dure à briser mais heureusment un petit garcon curieux et joueur nous aide à établir des relations plus souriantes avec sa mère. En effet à la fin d'une après-midi "dessin", c'est dans la poche !

22 jours plus tard, avec des mollets en acier et des images plein les yeux, nous sommes presque prêts à retrouver les rues agitées, embouteillées et polluées de Kathamndou.
Il nous aura fallu 10 jours pour arriver à Lukla en crapahuant depuis Jiri et seulement 35 minutes de vol dans cet affreux coucou pour revenir sur Kathmandou. Si on avait su ce qui nous attendait on serait revenu à pied !

5 commentaires:

alapaga a dit…

Même à l'altitude des pâquerettes françaises, j'ai le souffle coupé par de si beaux paysages. Quelle aventure et quelle expérience ! Découvrir par vous-mêmes ce que d'autres ne découvrent qu'à travers des livres, ... et en ayant du mal à imaginer la tête que peuvent avoir ceux qui écrivent ou qui photographient ou qui relatent leurs relations avec les populations locales. Et cette fois-ci nous la connaissons. Bravissimo. Ad quod non ascendate !

Anonyme a dit…

C'est pas sympa, Jean-Baptiste, d'avoir piqué le pantalon de pyjama de mon petit frère, l'oiseau. As-tu pensé au risque qu'avec le froid de ces montagnes d'autres parties de son corps se mettent à l'unisson de cette couleur ?

Born2Fly Pierrot a dit…

Voilà un moment que j'attendais ces photos vu la qualité des précédentes! Ce matin au boulot c'est Pascal qui me dit: "t'as vu les photos de sherpas de JB?" - "Non chu allé voir encore hier soir et rien!"... et bien pas déçu!
A votre retour vous allez être bien blasés par notre pauvre petit Mt-Blanc les jeunes. Dans votre résumé, je crois qu'il manque un "1" devant 800 positif, parce que 800m ça fait pas lourd (à moins que ça ne soit dû à l'altitude!?).
J'aurai quelques questions sur votre organisation du trek, parce que j'ai un projet de trek vol-rando biplace au Nepal qui est en train de germer! Je vous souhaite de pouvoir poursuivre encore longtemps votre beau voyage même si j'attends avec impatience votre retour pour partager de bons moments!
A+
Pierrot

caminante.... a dit…

Là haut sur la montagne...!Cette fois-ci vous avez pris de la hauteur! Bravo pour cette magnifique ascension qui vous a fait toucher le ciel: un bonheur bien mérité car on voit que même moins chargés que d'autres, "il faut le faire"!

yakafokon a dit…

Et les sherpas, ils ne font pas la grève pour "pénibilité du travail"????